Dossier sur le Hamas

Publié le par Mouedden

 

JDM : « Le HAMAS en question »

Chronique « droit au but », journal du Mardi, février 2009

 

 

Le Hamas, parti politique, mouvement de résistance ou groupe terroriste ?


 
par Mouedden Mohsin
 


Ce dossier a pour objectif de présenter le point de vue de cinq Occidentaux engagés d’une façon ou d’une autre dans le conflit Israélo-palestinien. Ils sont « représentatifs » de la population de notre pays. Ce sont des laïcs, dont la moitié  sont des athés avec une origine chrétienne. L’un est laïc de confession musulmane, représentant ainsi, les « nouveaux » belges. Sur les cinq intervenants, personne n’épouse le projet politique, idéologique et philosophique du Hamas, néanmoins les réponses surprendront certains…

 

A l’heure où l’armée israélienne vient de faire dans la bande de Gaza, plus de 1300 victimes dont 1/3 sont des enfants, il nous a paru nécessaire d’offrir à nos lecteurs, le point de vue croisé sur le… Hamas, en allant au-delà d’une présentation qui se voudrait simpliste.

Le Hamas (ardeur et/ou enthousiasme) est-il un parti politique islamiste nationaliste, un mouvement de résistance ou un mouvement terroriste ? (1) Pourquoi l’Union Européenne a-t-elle décidé de le boycotter et ce malgré une victoire électorale tout à fait démocratique ? Israël ne porte t’il pas une responsabilité dans la victoire du Hamas ? La branche armée du Hamas agit-elle comme l’IRA ? Le Hamas est-il responsable de la tragédie de Gaza ? Y a-t-il un avenir pour ces deux peuples ?

 

Historique :

 

Fondé en 1987, par le Cheikh Ahmed Yassine, le Hamas sera avant tout un mouvement social, culturel et religieux qui tirera sa légitimité d’une forte assise populaire et d’une réputation d’incorruptibilité. Le parti/mouvement émane des Frères Musulmans (musulmans sunnites). Ces derniers existent en Palestine, et ce dès les années 30. Ils lutteront contre les mouvements ultra-sionistes, pratiquant le terrorisme (Irgoun, Haganah,…) et lors de la guerre contre Israël en 1948. Plus tard, les Frères Musulmans mobiliseront leurs énergies pour éduquer les masses populaires, seul moyen pouvant, d’après eux amener le peuple palestinien à se libérer du joug israélien. La première Intifada en 1987 coïncidera avec la fondation du Hamas. Il  optera pour un engagement plus politique. Face aux assassinats et à l’incarcération des nombreux membres du Hamas,  et face aux adolescents arrêtés pour les jets de pierre et qui eurent systématiquement leurs membres brisés par l’armée israélienne, le Hamas intensifiera sa lutte dès les années 90 en utilisant les opérations kamikazes.

Sa vision sociétale islamiste fait également peur, non seulement à Israël, à l’OLP, mais aussi à l’Occident et au monde politique, arabo-islamique, horrifié par la réussite politique actuelle du Hamas qui pourrait faire tâche d’huile dans les Etats arabes, alliés des Etats-Unis.

Le fondateur, le Cheikh Ahmed Yassine, figure emblématique du parti, paraplégique sera assassiné par un missile Israélien en mars 2004, provoquant une onde de choc dans le monde musulman. Le leader charismatique représentait avec Yasser Arafat et Marwan Barghouti (kidnappé et emprisonné à vie en Israël, il est considéré par les palestiniens comme le Mandela Palestinien), une figure incontournable de la résistance.

Depuis, le Hamas n’a cessé de gagner du terrain, profitant à la fois de la disparition du Président Yasser Arafat, et de la corruption (du Fatah) qui ont notamment provoqué les résultats politiques déplorables du Fatah avec un président, Mahmoud Abbas en déliquescence.

Ainsi, lors des élections démocratiques, début 2006, le Hamas remporte une  éclatante victoire qui fige d’effroi les Occidentaux. Ces derniers décident de manière unilatérale de boycotter le Hamas en privant la population Gazaoui, d’aide humanitaire. Trois ans, plus tard, lors du débat organisé par le Mouvement Citoyen Palestine (2), le 15 janvier à Bruxelles, le PS, Ecolo, le MR et le CDH ont reconnu que l’Europe a fait une erreur en boycottant le Hamas.

Rappelons également qu’en 2007, le Hamas déjouera un « coup d’état » dans la bande de Gaza, mené par le très redouté et contesté chef de la sécurité du Fatah, Mohamed Dahlan, « soutenu » par les Etats-Unis (3) pour renverser le 1er Ministre Ismaël Haniye (Hamas). C’est l’explosion. Depuis lors, une lutte fratricide violente et sans merci, entre les deux mouvements (avec à la clé une centaine de morts) divisera les Palestiniens et verra la « défaite » du Fatah. Ismaël Haniyé qui se considère comme le premier ministre, deviendra persona non grata  et sera destitué par l’Autorité Palestinienne pour être de sitôt remplacé par un proche du Président (Salam Fayyad). Ainsi, la Palestine sera gérée par deux forces politiques, le Fatah, le parti du Président en Cisjordanie et le Hamas à Gaza.

Du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, les bombardements israéliens massifs sur la bande de Gaza feront plus de 1300 morts. Israël estime qu’elle est dans son bon droit, car le Hamas aurait violé le cessez le feu en vigueur en envoyant des roquettes sur le Sud d’Israël. Des roquettes qui feront 24 morts en … 8 ans ! Israël oublie qu’il  a violé le cessez-le feu, dès le 4 novembre 2008 (Le jour de la victoire de Barack Obama) en liquidant plusieurs militants du Hamas.

 

Quid du HAMAS ?

 

Le Hamas figure sur la liste du Département américain et du Conseil de l’Union Européenne comme étant un mouvement terroriste. Néanmoins, certains pays et non des moindres : le Brésil, la Norvège, l’Afrique du Sud ou la Russie ne le considèrent pas comme tel. Alors qui croire ? La version américano-européenne ou le reste du monde ?

 

Pour Marianne Blume, qui a enseigné 10 ans à Gaza et membre de l’ABP (4) (l’association belgo-palestinienne), le Hamas est un mouvement de libération national avec une base idéologique religieuse. Le déclarer « terroriste », équivaudrait à déclarer « terroriste » tout mouvement de libération. Pour le député fédéral MR  Denis Ducarme, il estime comme le Conseil de l’Union Européenne que le Hamas est un groupe terroriste. Daniel Vanhove, observateur civil en Palestine et auteur de deux ouvrages : « Si vous détruisez nos maisons, vous ne détruirez pas nos âmes - et La Démocratie Mensonge », estime quant à lui que c’est un mouvement de résistance qui répond à la frustration et à la corruption du Fatah. Ensuite il est devenu un parti politique porté au pouvoir par des élections que nos institutions (européennes) ont déclarées comme étant les plus transparentes jamais organisées dans le monde arabe. Claude Moniquet (5), expert en terrorisme à l’ESISC, avance pour sa part que le Hamas est une organisation non seulement sociale, politique, culturelle mais aussi un groupe terroriste. Selon lui, il s’agit d’une organisation totalitaire via sa charte et sa pratique, qui vise l’instauration d’un Califat. Enfin, Nordine Saïdi, porte-parole du Mouvement Citoyen Palestine déclare que c’est un parti politique nationaliste religieux composé de plusieurs branches (social, éducation, médecine, …) avec une milice mise sur pied à cause de l’occupation illégitime.

 

L’Union Européenne et le Hamas

 

Pour le député Denis Ducarme, tant que le Hamas n’aura pas mis fin aux attentats suicides, qu’il n’aura pas reconnu via sa charte, l’état d’Israël, on pourra difficilement le considérer comme un interlocuteur. Pour Daniel Vanhove, si l’UE se targue de promouvoir la démocratie, il est inacceptable de la voir refuser le vote de la population de Gaza sans prendre le risque de voir l’Europe se discréditer aux yeux du monde par son double langage. Pour Marianne Blume, le Hamas a été élu démocratiquement, et il représente les Palestiniens. Cela fait donc de lui un interlocuteur incontournable. Selon elle toujours, l’UE aurait intérêt à se démarquer des USA et à avoir sa politique propre : l’inscription du Hamas sur la liste européenne des mouvements terroristes a été faite par alignement. Pour Nordine Saïdi, également, le Hamas est issu des urnes et est incontournable. De plus, ajoute t’il, on fait la paix avec ses ennemis et non avec ses amis. Enfin, Claude Moniquet, pense que le Hamas ne remplit pas les conditions pour en faire un partenaire de négociation, notamment via sa charte qui ne reconnaît nullement l’existence d’Israël. Toujours d’après lui, le Hamas continuerait à pratiquer la même politique de terreur…à Gaza !

 

Israël et le Hamas

Pour tous les auteurs, Israël est directement ou indirectement responsable du succès du Hamas.  L’incapacité du Fatah et du Président Mahmoud Abbas à engranger des résultats politiques tangibles, et la politique agressive d’Israël à l’encontre d’une population à l’abandon explique le succès du Hamas. Pour Claude Moniquet, Israël a dans les années 80 fait un mauvais choix tactique, en refusant de discuter avec Yasser Arafat. Cela a favorisé selon lui, (in)directement la montée de l’extrémisme. Pour lui, il y a une responsabilité historique d’Israël, mais d’autres Etats aussi ont également cherché à instrumentalisé le Hamas (les pays arabes modérés qui ont depuis pris leurs distances). L’Iran ayant repris la main, car il a des intérêts stratégiques dans la région. Le député Denis Ducarme regrette que la radicalisation du conflit ait renforcé les extrêmes de part et d’autre. Tandis que Daniel Vanhove va plus loin encore, en estimant qu’Israël a favorisé à l’époque, l’avènement du Hamas d’abord en s’opposant vigoureusement au Fatah et à l’OLP considéré par Israël déjà à l’époque comme « terroriste », ensuite en accroissant sa colonisation tentaculaire en Cisjordanie et à Jérusalem-est. Ainsi les Palestiniens ont été amenés à voter pour un parti ayant un discours plus ferme. Pour Marianne Blume, la politique d’expansion et de répression d’Israël n’a permis aucune avancée politique et aucune amélioration du quotidien pour les Palestiniens. Enfin, Nordine Saïdi, estime que l’occupation militaire israélienne a amené la destruction du tissu social. Le Hamas a comblé le vide et a grandi au fur et mesure que se poursuivait l’occupation.

Hamas – IRA : même combat ?

Le Hamas avec sa branche armée, « Azzedine el Quassam », serait-il le « frère » de l’IRA (6), l’armée républicaine Irlandaise ?

Pour Denis Ducarme, les deux mouvements précités ne sont pas considérés  par l’Europe, comme des mouvements de résistances. Pour Daniel Vanhove, la situation n’est pas comparable, néanmoins la Résolution 2621 XXV du 12.10.1970 des Nations Unies affirme "le droit inhérent des peuples coloniaux de lutter par tous les moyens nécessaires contre les puissances coloniales qui répriment leur aspiration à la liberté et à l'indépendance.". Claude Moniquet, estime qu’il y a une différence fondamentale entre la branche armée du Hamas et l’IRA. Ce dernier visait majoritairement des policiers, des militaires,... Tandis que le Hamas depuis 1988, et très majoritairement, n’a visé que des civils…dans ce cadre là, il est difficile de le comparer à d’autres organisations… Pour Nordine Saïdi, Les colonialistes de l’époque ont dû ouvrir le dialogue avec le Congrès National Africain (ANC) en Afrique du Sud, et avec le Sinn Fein et l’IRA en Irlande du Nord. C’est sur ce modèle qu’il faut s’engager aujourd’hui. Il faudrait voir le paysage politique un peu comme si en Irlande du nord, il y avait le Hamas (Sinn Feinn), et les brigades Ezedin al quasam  (IRA). L’Afrique du Sud a dû plier et négocier avec l’ANC de Nelson Mandela (considéré comme terroriste). Israël devra négocier avec le Hamas, parce que celui-ci porte en lui les espoirs bafoués des Palestiniens.

Le Hamas est-il responsable de la tragédie de Gaza ?

Pour Claude Moniquet, même si on peut discuter de la proportionnalité de la riposte Israélienne, il en est pas moins partisan de l’existence de deux Etats indépendants. Pour lui, il existe clairement une responsabilité du Hamas par l’envoi de milliers de roquettes et une incapacité de l’Union Européenne, des voisins et de l’Autorité palestinienne à mettre fin à ses tirs. Israël devait réagir, la responsabilité politique de cette tragédie revient donc au Hamas… Nordine Saïdi, estime que la bande de Gaza subit depuis des années avec la complicité de l’Union Européenne, un siège criminel qui viole délibérément toutes les lois internationales. Un million et demi de civils sont en otage, privés de tout (nourriture, carburant, électricité, médicaments,  matériel scolaire) … La population subit une « punition » collective impitoyable pour avoir « mal » voté. Pour Daniel Vanhove, le penser reviendrait à corroborer les mensonges alimentés par la propagande israélienne. Selon ses dires, plusieurs instances officielles (CICR, ONU, UNRWA, etc...) ont pointé la responsabilité écrasante de l'armée israélienne dans la catastrophe humanitaire de Gaza. Il faut d’après lui, « arrêter de faire des amalgames ». Pour Denis Ducarme, la poursuite des tirs de roquettes sur Israël après l’offensive du Hamas sur les forces du Fatah et la prise de contrôle violente de la bande de Gaza en juin 2007, fait porter au Hamas une responsabilité sur la situation actuelle dans la bande de Gaza comme cela lui a été confirmé, lors de sa rencontre avec le Chef de Cabinet du Président Abbas et le Premier-Ministre de Cisjordanie. Enfin pour Marianne Blume, la situation à Gaza est, depuis les accords d’Oslo, catastrophique. Depuis 1994, Gaza est une prison à ciel ouvert entourée d’un mur de barbelés. Depuis cette époque, son ravitaillement est soumis à l’arbitraire israélien. Depuis l’intifada, la situation a encore empiré. Les bombardements, les incursions et les restrictions drastiques au mouvement des biens et des personnes font partie de la routine. La victoire du Hamas aux élections a été l’occasion pour le gouvernement israélien d’établir un blocus sur Gaza. Après la prise de pouvoir du Hamas sur la Bande de Gaza, Israël a encore renforcé le blocus, déclarant Gaza, « entité ennemie ». La situation catastrophique est donc due à l’occupation israélienne. Elle ajoute que c’est Israël qui a rompu la trêve en liquidant des militants et des civils depuis le 4 novembre 2008. Le gouvernement israélien ne fait donc que poursuivre sa politique initié en 1948 : tuer le fait palestinien. L’Etat Israélien aimerait  se débarrasser une bonne fois pour toutes de la Bande de Gaza en forçant l’Egypte à l’administrer. Pendant ce temps-là, la Cisjordanie est dépecée et l’Etat palestinien ne voit pas le jour. Cela dit, le Hamas porte aussi une responsabilité dans sa manière de gérer le quotidien des Gazaouis. Il semble évident que le Hamas, comme son prédécesseur, favorise ses membres au détriment des autres.

Conclusion :

Un conflit miné, interminable, le plus médiatisé au monde…avec la 4ème puissance militaire du monde, soutenue par les Etats-Unis et l’Union Européenne. En face, un peuple quasi désarmé, occupé depuis 1948. Le Droit International, les Résolutions des Nations Unies et les conventions de Genève sont systématiquement bafoués. La lutte contre le terrorisme semble également biaiser le débat. Y aurait-t-il malgré ce constat terrible, un espoir de paix… et de justice ?

Pour Marianne Blume, la lutte contre le terrorisme est le bon prétexte pour liquider toutes les oppositions et toutes les résistances. Si l’UE et nos gouvernements ne soutiennent pas les justes revendications des Palestiniens et ne font rien pour qu’un Etat palestinien indépendant et viable dans les frontières de 67 soit créé, si l’UE et nos gouvernements continuent à accorder l’impunité à Israël, il est clair que les Palestiniens se radicaliseront. Le Hamas perdrait une grosse partie de sa popularité si une solution réelle était réellement mise en place. Sa participation au règlement le mettrait devant ses responsabilités et le forcerait, comme ce fût le cas auparavant pour le Fatah, à évoluer. Pour Denis Ducarme, seul un règlement politique négocié et durable permettra aux populations de retrouver la paix. Cela implique une modification dans l’attitude du Hamas et la volonté avérée d’Israël pour la création d’un Etat palestinien. Les enquêtes internationales qui s’ouvriront devront faire toute la lumière sur les responsabilités d’Israël et du Hamas, à l’égard notamment des victimes et de l’usage d’armes non conventionnelles. Le rôle de l’Iran devra également faire l’objet de ces enquêtes. Pour Denis Ducarme, le Fatah demeure sur la scène internationale l’interlocuteur incontournable tant que le Hamas n’aura pas fait preuve de renoncement au terrorisme et à la destruction de son Etat voisin. Il est impératif aujourd’hui, que les résolutions des Nations Unies soient suivies d’effet. Pour Daniel Vanhove, il ne fait aucun doute que la tragédie actuelle est imputable à la Communauté internationale, par l'entremise d'Israël, pour n'avoir pas indiqué au gouvernement israélien qu'il avait depuis longtemps dépassé toutes les limites, en ne respectant pas le Droit international, alors que d'autres y sont contraints sous peine de représailles occidentales ! Il convient donc d'avoir une analyse perspicace afin de ne pas nous sentir exonérés de nos propres manquements, en les faisant porter par d'autres... C'est aussi la seule manière de parvenir à y pourvoir un jour...  quand nous aurons le courage politique de faire face à nos responsabilités ! Tandis que pour Claude Moniquet, il convient d’avoir une position équilibrée et ne pas avoir une démarche incantatoire qui consiste à dire, qu’Israël est coupable, cela n’aidera nullement à résoudre le problème… Enfin, Nordine Saïdi, rappelle que les dirigeants israéliens font de la reconnaissance d’un Etat juif israélien par le Hamas, un préalable à toute négociation. Or, la focalisation de la communauté internationale sur cette question éclipse les rapports de force. Le "Quartette" (ONU, Etats-Unis, Russie, Union européenne) impose au Hamas la reconnaissance d’un Etat israélien, d’un cessez le feu, et de reconnaître les accords passés. Aucun parti en Israël ne reconnaît l'existence de la Palestine comme pays. Pourquoi, ajoute t’il, demandons-nous au Hamas de renoncer à la violence et ne le réclamons-nous pas à Israël en contrepartie ? Quel Etat ne respecte pas moins de 70 résolutions de l’ONU ? Ceci est une grande démonstration du "deux poids, deux mesures". Tant que cela durera, la résistance palestinienne sera là, que ce soit avec le Hamas ou d’autres. Pas de paix sans justice !

 

On le constate avec ce dossier et les réponses croisées de 5 acteurs Occidentaux qui jouent un rôle important au sein de notre pays pour faire entendre leur  voix…Le conflit au Proche-Orient soulève crispations et raidissement. Si les Etats Européens ont un point de vue tranché sur le Hamas, les citoyens européens sont beaucoup plus nuancés. Une chose est sûre, le bourbier du Proche-Orient n’a que trop duré. L’UE devra adopter une politique réellement équilibrée, basée sur le Droit International avec le mince espoir de voir le nouveau président américain, Barack Obama, jouer un rôle beaucoup plus actif en rappelant également à Israël, ses devoirs et sa responsabilité dans le drame actuel, tant à Gaza qu’à Jérusalem-est et en Cisjordanie, ou les colonisations se poursuivent de plus belles. Néanmoins, il y a un fait occulté par nombre de médias occidentaux. D’après le journal israélien, « Haaretz », les bombardements de Gaza semble avoir été préparé de longue date pour aider le parti en place (Kadima) à gagner les élections législatives israéliennes du 10 février prochain (7). Le Likoud, parti de droite conservatrice (Benyamin Netanyahu) avant l’opération « plomb durci » avait, d’après les experts israéliens, pratiquement course gagnée. Ainsi, les roquettes du Hamas et les bombardements de la bande de Gaza n’auront été qu’un prétexte et un moyen pour favoriser un dessein, des plus cyniques. Depuis l’assassinat de Yitzhak Rabin en 1995 par un intégriste juif, Israël semble résolu à faire de la paix, un vœu pieux. A la communauté internationale de prendre conscience que l’on ne pourra pas indéfiniment adopter la posture du « paresseux », au risque de créer un monde définitivement fragmenté qui s’éloignera plus encore, d’une civilisation humaine du 21ème siècle qui aurait pour socle commun, le Droit International, la justice et « l’égalité » entre toutes les communautés.

 


Note :

1)     « le Hamas et après ? » Aude Signoles, 2006 & HAMAS a History d’Azzam Tamimi

 

2)     http://mcpalestine.canalblog.com/

3)     http://www.rue89.com/2008/03/06/vanity-fair-devoile-le-plan-secret-americain-contre-le-hamas     http://www.vanityfair.com/politics/features/2008/04/gaza200804

4)     http://www.association-belgo-palestinienne.be/ - Auteur du livre « Gaza dans mes yeux », Marianne Blume

5)     Claude Moniquet : http://www.esisc.org/

6)     http://eire.land.free.fr/ira.html

7)     http://dev.ulb.ac.be/sciencespo/dossiers_supports/6

 

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