chronique "Droit au but"

Publié le par Mouedden

chronique : Planète Mars

"Planète Mars"

 

chronique JDM, mars 2009

 

 

 



 par Mouedden Mohsin


Nul doute que la crise, le logement et l’emploi seront les thèmes majeurs de la campagne électorale du 7 juin 2009. Néanmoins, la tragédie de « Gaza » aura une place centrale pour une partie de notre population qui estime que les doubles discours n’ont que trop duré. Critiquer la posture politique sur ce sujet (comme d’autres) est un exercice difficile, tant il vous expose à la censure et à des pressions inacceptables. Depuis 1998, j’animai régulièrement des émissions sur une radio communautaire. Notre enquête (1) concernant la position des élus allochtones sur le drame de Gaza, diffusée sur antenne déplu à un parti en particulier, peu habitué à rendre des comptes aux « gueux » des quartiers populaires.

Ces populations semblent compter juste pendant les campagnes électorales, où l’on retrouve les « charmes » de leurs cafés, mosquées et marchés bien colorés…

Ne faisant partie d’aucun des trois piliers de l’état (catholique, libéral, socialiste laïc), ils (belges, maghrébins, musulmans, arabes, turcs, africains, asiatiques, …) ont comme pour leurs parents, intérêt à « raser les murs », s’ils veulent « survivre » ou espérer un job. Dans une démocratie communautarisée à outrance, qui vit comme au milieu du 20ème siècle, avec des pouvoirs partagés entre amis (subsides, postes, emploi,…), les populations ne se retrouvant pas dans la pilarisation sont soit marginalisées, paternalisées ou exclues. Ce système structurel, peu démocratique,  fait la part belle aux particraties et aux arrangements douteux qui ne tirent nullement le pays vers l’excellence. Le plus important étant la carte politique ou plutôt l’aliénation politique ! Ce système archaïque, digne d’une république bananière a néanmoins des défenseurs acharnés. Ceux qui en vivent depuis un siècle et nous font la leçon du « communautarisme maghrébin, turc ou musulman ».

C’est indécent et si facile, face à des communautés divisées, prolétaires, vivant un racisme certain. Ainsi, un média devrait toujours être indépendant politiquement, cela devrait être une obligation. Entre ceux à TF1, qui veulent nous vendre une télé abrutissante où nos cerveaux ne serviraient qu’à gober des pubs capitalistes, entre des médias proche de certains lobbies d’armements, et des médias politisés à outrance, restent quelques médias « martiens » courageux, qui survivent, non grâce aux pubs, des largesses financières, ou des armements, mais surtout grâce aux lecteurs. Les médias restent un 4ème pouvoir salutaire, il doit normalement être un garde fou face à des politiques et une économie en folie. Pour ceux qui vivent abondamment de ce système, tout citoyen désirant une transparence est poussé vers la sortie.

Car dire aujourd’hui, qu’il est inacceptable que nos politiques vendent des armes à Tel-Aviv tout en recevant 6 enfants palestiniens à soigner dans nos hôpitaux, sera considéré comme subversif et un manipulateur dangereux. C’est le monde à l’envers. Au plus c’est gros, au mieux ça passe. Devant la pression populaire, le gouvernement a fait un « geste ». Il a décidé dans un élan de « générosité » de suspendre momentanément les livraisons d’armes. Quel courage politique (sic !)  

Le 8 mars, est la journée internationale de la femme. Elle a vu le jour au début du 20ème siècle, à Copenhague, grâce aux femmes socialistes, mais n’a été officialisée qu’en 1977 par les Nations Unies. Malheureusement, la situation des femmes dans le monde reste beaucoup trop inégalitaire, discriminatoire. Néanmoins un nouveau phénomène voit le jour dans le monde musulman, où la situation de la femme reste globalement chaotique. Le féminisme musulman, de Rabat au Caire, mais aussi de Bruxelles à Barcelone. Il se base sur une lecture religieuse afin d’interpeller et d’imposer, des arguments imparables qui pourront aider les machistes discriminateurs à changer radicalement de posture et de mentalité.

Enfin, le 21 mars, le MRAX (3) organisera sa traditionnelle semaine de la SACR où une centaine d’activités permettront aux citoyens de pouvoir mieux combattre ce fléau.

Si le racisme n’est pas une opinion, mais une infraction punie par la loi, il reste trop souvent des zones d’ombres. Le racisme anti-wallon (francophone), l’antisémitisme et l’islamophobie semblent en hausse. L’islamophobie, moins connue, n’est pas la critique de l’islam, mais est un racisme à l’adresse de ceux qui pratiquent cette religion, à savoir les musulmans. L’islamophobie dans le monde moderne (4) n’est pas une invention islamiste pour taire la critique d’une religion, mais un racisme nouveau qui stigmatise et rejette l’autre, car musulman. C’est ainsi que le MRAX, jugé trop actif sur le racisme qui touche cette population est parfois critiqué par les anti-racistes traditionnels ou les anti-racistes laïcistes. Une proposition ? Ne plus utiliser que le terme « racisme » qui ne fera plus de hiérarchisation entre les différents types et formes de racismes. Le terme reste lui-même « problématique » puisqu’il tire sa racine du mot « race » qui à l’époque définissait l’Homme selon des critères physiques et culturels (voir la pyramide raciale). A moins d’estimer que seule la race humaine existe ! C’est Martien, mon cher Watson ? Non, c’est le printemps…

 

Note :

 

1) http://www.wafin.be/dossiers/palestine/enqueteelusallocht...

2) http://www.journeedelafemme.com/

3) http://www.contreleracisme.be/

4) l’islamophobie dans le monde moderne, sous la direction de Mohmad Mestiri, Ramon Grosfoguel, El Yamine Soum. Edition IIIT France. 2008

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