Sus aux belges musulmans ?

Publié le par Mouedden

Bruxelles, le 7 octobre 2009

Sus aux Belges musulmans ?





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hommage à Marwa assassinée en Allemagne à cause de son foulard.



par Mouedden Mohsin

Dans un pays fragilisé politiquement, en crise économique et surtout identitaire, la société majoritaire a souvent le réflexe de s’en prendre aux plus faibles. L’histoire nous l’a à maintes fois prouvée avec parfois un résultat dramatique pour ne pas dire morbide. Heureusement, nous ne sommes plus en ces périodes ténébreuses ou les pogroms et la chasse aux sorcières étaient la norme. Cependant, ne voyons-nous pas depuis quelques années le retour à un réflexe (idéologique et politique) malsain revenir en force en nous persuadant de défendre des valeurs, forcément menacées en s’appropriant des concepts vide de sens et de substance, en visant une communauté en particulier ? Pour ma part, la réponse est négative, car de tout temps, l’Occident a usé et abusé de cette stratégie insidieuse, à savoir utiliser des concepts dits « humanistes » et « universalistes » afin depuis au minimum le 18ème siècle asseoir sa domination militaire, idéologique et culturelle.

En outre, nous ne faisons que reproduire par des spasmes malodorants des attitudes, un comportement et un discours profondément enracinée dans l’inconscient collectif, datant au minimum du 18ème siècle. Forcément, le travail de mémoire fait défaut pour réellement revoir notre histoire. Cette dernière est étudiée de manière tendancieuse, positivé à outrance. Les mythes fondateurs ont encore la vie dure et quiconque met en doute ces pans de l’histoire est accusé à tort d’en vouloir à nos valeurs, à notre culture. Dès lors, pourquoi se priver de faire la morale et la leçon aux « nouveaux venus » ? Belges de « toujours là-bas », Belges de « l’étrange », ceux qui doivent nécessairement être « intégrés », « éduqués », « assimilés ». On ne le dira jamais assez, les belges musulmans sont et seront encore pour quelques décennies perçus comme un « corps totalement étranger à la nation et pire à notre culture». Inassimilable, là ou des communautés étrangères plus anciennes, l’italienne ou l’espagnole ont fini, par être accepté, certes avec difficultés.

DES PHILOSOPHES DES LUMIERES ? VRAIMENT ?



Pourquoi alors un traitement différenciée ? Pour deux raisons principales. La première est d’ordre historique. L’arrivée tardive de cette communauté (Les années 60). Ensuite vient le rapport conflictuel avec les musulmans et l’islam qui remonte, non à la colonisation, mais au temps des croisades. Il ne s’agira pas ici de savoir qui a tort et qui a raison. Les torts pour ma part sont partagés. Il s’agit de comprendre le processus qui fait qu’aujourd’hui dans des états sécularisés, l’Européen musulman est relégué. Une évidence s’impose à nous, l’Occident a de tout temps eu un problème avec l’islam et les musulmans et l’inverse et parfois aussi vrai, cependant là ou l’Occident excelle (et en particulier la France) c’est dans sa faculté à vouloir coûte que coûte imposer sa vision sociétale qu’il prétend « humaniste » et « universaliste » en se basant sur son hégémonie culturelle avec notamment l’apport des philosophes des Lumières (1) qui pour certains d’entre eux ont (in)directement lancé un signal fort à l’entreprise coloniale, à la suprématie « raciale » de l’Homme blanc via des thèses racistes…Bien sûr, réduire ces philosophes uniquement à cela serait aussi malhonnête intellectuellement que ceux, très nombreux ou la plupart aujourd’hui font de ces mêmes philosophes les « apôtres » du « bien vivre ensemble » et de « nos valeurs ».

Car à analyser de plus près ces théories des « Lumières » et notamment les discours sur la « racialité » nous ne pouvons qu’être heurtés, choqués, indignés. Bien sûr, acculé, ceux-là parleront de relativisme historique. Une autre époque, d’autres mœurs…mais alors pourquoi avoir si peur d’en discuter ? Pourquoi vouloir absolument nous démontrer par l’absurde que les philosophes n’étaient que des « génies » ? Car c’est le fondement de la nouvelle et moderne civilisation Occidentale qui quittera les ténèbres du Moyen-Age pour entrer dans le monde nouveau des sciences, de la rationalité, de l’industrialisation et de l’économie ultra-libérale…

Ainsi, l’Europe sans faire son mea-culpa est arrivée via une histoire tronquée à persuader l’Humanité que son œuvre coloniale, sa mission civilisatrice n’avait qu’un objectif, « libérer l’Homme sauvage » et offrir la modernité. Cependant l’Occident ne pourrait être que cela.

Alors quel lien entre un passé lourd et le 21ème siècle ? Nous constatons que si la manière d’annihiler l’autre a radicalement changé en empruntant un chemin insidieux, la matrice est restée quasi la même : perception négative des populations issus de l’immigration, criminalisation et diabolisation des musulmans…l’autre est trop souvent présenté comme une menace. Les seules populations que l’Occident tolèrent actuellement sont de deux ordres : 

Ceux qui avalisent la domination politique et surtout idéologique Occidentale voient des portes s’entre-ouvrir, des citoyens belges musulmans aux états arabes/africains despotiques soudainement « respectueuses de nos valeurs » qui dans ce cas sont les bienvenues grâce aux richesses du sous-sol.  Ceux qui ont été quasi rayé de la carte du monde, les tribus dits pudiquement « primitives », les papous, les bushmens, les aborigènes, les « indiens » d’Amazonie etc… Il y a aujourd’hui un culte des « tribus » et « communautés » en voie de disparition que nous adorons aider, soutenir et filmer car ne représentant plus « aucune menace » (économique, politique, …) afin peut-être de racheter un passé lourd et de s’offrir une virginité tout en culpabilisant les nations en voie de développement ou vivent ses minorités.

Si nous pouvons en même temps faire la leçon, pourquoi s’en priver ? Ces deux exemples démontrent que l’Occident est prêt à reconnaître la grandeur d’une culture ou à tolérer une nation à partir du moment ou soit elle se rallie à nous, soit elles seraient en voie de disparition.

Car là est bien notre problème, l’Occident qui n’a plus les moyens de ses ambitions espère encore politiquement et idéologiquement imposer ses vues, notamment face à une Chine « capitaliste » qui devient la seconde puissance militaire et économique du monde et par conséquent qui devient à la seconde même un « danger imminent ». Cependant, si les Chinois étaient en voie de disparition, sûr que l’Occident trouverait les Chinois fabuleux. Alors la question que je pose est la suivante : Ne pourrions-nous pas voir la beauté d’une culture, d’une civilisation, même si nous ne risquons pas l’extinction ? Faut-il être au bord de l’agonie pour trouver une réelle empathie ? Les psychanalystes doivent à mon sens y plancher et au plus vite. Et la Belgique ? Pour revenir à notre plat pays, voyons dès lors en quoi la posture de ceux qui présentent les musulmans pratiquants comme une menace est dangereuse. Il y a pour le moment 5 catégories de « populations » qui rendent la vie des musulmans difficiles :

 Politique (et idéologique) : Le MR, certains élus de la gauche laïciste…
 Idéologique : Les athéistes radicaux
 Culturelle : Certaines féministes
 Idéologique : Les sionistes
 Politique, idéologique, culturelle : l'extrême droite

MR – PRL – GOL – NOLS : même combat ?

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Depuis la rentrée le MR évoque avec une insistance rare, l’interdiction du port du foulard qui devient à l’entendre une menace réelle pour nos valeurs et notre culture. De la phrase culte de Daniel Ducarme à la Dernière Heure en 2004 : « l’islam est une menace » ou encore : « l’intégration est un échec », nous voyons ces discours se concrétiser par une charge générale contre les musulmans depuis la fin du scrutin régional de 2009. Entendons-nous bien, nul désir pour ma part de faire la promotion du foulard et encore moins du niquab ou de la burqua qui n’existe pas en Belgique (habit de tradition afghane). Il s’agit ici de respecter la loi et les libertés religieuses garanties par notre Constitution et la Convention Européenne des Droits de l’Homme.

Concernant le niquab, il s’agit d’un problème infime monté en épingle et qui pourrait être résolu en respectant la loi, avec notamment la possibilité de se découvrir pour des raisons de sécurité. La polémique ne sert que ceux qui aujourd’hui désirent se faire une publicité malsaine sur le dos des plus fragilisés pour espérer récolter des fruits qui seront bien amers. Le MR bien avant sa cuisante défaite politique de juin 2009 a décidé de rebraquer sa politique vers, non le libéralisme philosophique, mais une posture clairement liberticide et anti-musulmane.

Néanmoins, certains ont la mémoire courte, rappelons que le MR n’avait pas hésité à embrigader il y a 3 ans, une ex candidate Ecolo voilée et juste avant les élections, un imam de mosquée à Schaerbeek ! Que comprendre ? Le voile de cette dame et les prédications de cet imam n’ont-ils pas assez rapportés de voix au MR ? Nous sommes dans le populisme le plus trash ou encore il y a 3 ans, le MR au sein de son programme électoral fédéral avait une position proche de celle du MRAX sur la question du foulard.

Qui instrumentalise qui ? La défaite politique a-t-elle était à ce point dure à avaler que certains y ont vu la nécessité de régler les comptes à une communauté qui vote trop à gauche ? Bisbille politicienne et politique de la petite semaine où l’on espère flatter l’égo des forts en gueule du parti. Même le très sage, Louis Michel s’est rallié à cette posture indigne, lui qui n’hésitait pas saluer ce qui ressemblait à une musulmane voilée (ou non) sur les marchés de Molenbeek et au sein de l’abattoir d’Anderlecht… Une (in)cohérence qui trouble et nous interroge sur l’agenda caché d’un parti moribond qui a décidé de renouer avec un populisme du PRL (in)digne des années 80, de feu Jean Gol, voir plus encore, d’un Roger Nols ?

Le discours de Louis Michel sur le foulard était sur le plateau de la RTBF, d’une violence démesurée. Le MR aurait-il eu cet acharnement si il aurait été au gouvernement ? Certains sont prêts à aller loin, très loin afin de rallier l’électorat le plus conservateur et le plus indigne. N’allons-nous pas trop vite en besogne ? Attendons plutôt l’évolution (définitive ?) du parti vers un terrain que l’on espère moins glissant et plus digne que politicien et racoleur. Pendant ce temps, la crise perdure comme la fraude fiscale et les citoyens ont l’attention détournée sur le … voile ! Miséricorde. C’est peut-être le diagnostique implacable d’un pays profondément malade…

DES INTELLECTUELS AUX DISCOURS POPULISTES DANGEREUX !



A côté de l’armada bleue qui déferle et qui fait aujourd’hui de la musulmane voilée, l’ennemi de la société, nous voyons fleurir soudainement, des « intellectuels » des deux côtés du pays pour fustiger le voile et la délinquance urbaine amalgamé à l’islam. Pour une fois, il y a une solidarité entre le nord et le sud, au moins les musulmans auront servi à raffermir des liens frigorifiés entre les intellectuels de la langue de Vondel et de Molière. Que constatons-nous ? Pour ma part, la critique est nécessaire, même dure, cependant nous constatons des mélanges de genres douteux avec une posture qui emprunte parfois celle de l’extrême droite. Sont-ils dès lors, tous racistes ? Ou des racistes qui s’ignoraient ? Peut-être pas. Peut-être oui.

Je n’ai pas pour intention de sonder les cœurs, cependant les postures visitées invitent à nous méfier de ceux qui sont censés « façonner » l’opinion publique par leurs « fines analyses ». Pour ma part, il s’agit plutôt d’un sentiment profond qui a été longtemps refoulé et qui aujourd’hui se libère car le terrain y est propice et qu’on s’y sent protégé. Ainsi, certains se sont fait une spécialité d’islamiser ou d’ethniciser les problèmes sociaux. Dans une carte blanche surréaliste du rédacteur en chef du journal du Mardi, nous avons pu constater que des problèmes de violences urbaines étaient reliés à l’islam et aux arabes/nords-africains…Une grille de lecture identique à celle du Front National : jeunes délinquants = arabes/maghrébins = islam. A l’époque c’était : riches banquiers = comploteurs = juifs ou jeunes intellectuels = bolcheviques = juifs.

DES ATHEISTES RADICAUX EX BOUFFEURS DE CUREE DEVENUS BOUFFEURS DE MUSULMANS ?



Le second public, sont les laïques qu’il faut plutôt qualifier d’athéiste radicaux qui contribuent à menacer le « mieux vivre ensemble » en rabâchant sans cesse le même discours stigmatisant qui un jour risquera de mener comme en 2002 vers un crime raciste.

Les principaux intéressés, à savoir les musulmans sont sommés de répondre et de se justifier. Le discours du dominant est terriblement culpabilisateur et psychologiquement déstabilisant et insupportable, car on invite ces derniers à tenir un discours formaté et qui va dans le sens du dominant. Ils n’ont souvent le choix que de se taire, de « condamner » ou de « se justifier » … Les athéistes radicaux sont en croisade, ils ont une religion, l’athéisme intégriste, ils sont financés, subsidiés, soutenus et parfois politisés. Heureusement, il existe également des athés, certes timides mais qui tentent courageusement dans la moiteur actuelle de se faire entendre pour dire : « non à l’instrumentalisation de nos valeurs ».

LES SIONISTES entre la terre promise et Bruxelles : PALESTINIEN – BELGES MUSULMANS : même ennemis !

Le troisième public sont les sionistes qui aujourd’hui utilisent le drame palestinien pour diaboliser une communauté en particulier. Il s’agit de démontrer en quoi les sionistes et les Occidentaux sont menacés par le « même ennemi ». Les sionistes tentent de démontrer qu’ils ont des points communs avec l’Occident, là-bas, menacé par le palestinien musulman, ici par le belge musulman.

Ainsi, se forme des synergies ou de manière écrasante, la communauté sioniste (nous pouvons être sioniste mais pas juif et juif mais sioniste !) et en partie juive (sauf une partie des juifs orthodoxes et des juifs « communistes ») est résolument entrain d’alimenter les peurs et les craintes.

LES FEMINISTES CONTRE LA VOLONTE DES FEMMES !


Le quatrième public : Certaines féministes, persuadés de faire le bonheur des femmes à la place des femmes, elles sont dans une posture idéologique qui est un non-sens pour l’émancipation des femmes. Elles sont dans une posture idéologique de « conversion » à leurs thèses marquées idéologiquement, cependant, il existe un pan important du féminisme belge et Européen qui fait contre-poids et invite au dialogue…voir notamment la carte blanche signée par les féministes laïques au sein du journal « le Soir ».

L’EXTREME DROITE : faut-il en parler ?

Enfin, le dernier public est l’extrême droite qui se voit offrir un boulevard médiatique en Flandre ou ses idées comme en France sont analysés et parfois avalisés.

Un dernier public ? Les ex-musulmans, très marginalisés sont des alliés rêvés qui moins en Belgique, surtout en France et aux Pays-Bas sont parmi les plus virulents et s’acoquine avec l’extrême droite et la droite populiste. Ainsi, nous pouvons écarter la suspicion de racisme en s’alliant avec des ex-musulmans qui ont un compte à régler avec leur ancienne communauté et qui seront les ambassadeurs ou les idiots utiles de nos politiques agressives.

LE MUSULMAN : UN ENNEMI IDEAL ?

Les musulmans ne font partie d’aucun pilier de l’état belge (socialiste-laïc, chrétien, libéral), non structuré, pauvre sociologiquement, en déficit économiquement, divisé politiquement et qui ne possède pas encore une élite intellectuelle forte et décomplexée, ils sont une proie idéale et facile. Un exutoire qui ne nous causera pas trop de tort en ces temps de crise ou au lieu d’améliorer le niveau de nos écoles qui restent d’après l’enquête Européenne « PISA » d’un niveau médiocre, ou au lieu de d’offrir à ces étudiantes qui deviendront des femmes actives, les mêmes chances qu’à tous, ou au lieu d’investir et de considérer cette jeunesse comme faisant partie intégrante du pays, on poursuit nos logiques d’exclusions structurelles. Le musulman pour différents paramètres est bien sans posture victimaire, un ennemi idéal.

VRAIMENT DES UNIVERSALISTES ?

Avez-vous entendu ces étendards de nos valeurs « universalistes » condamner l’assassinat de Marwa ? Cette Egyptienne assassinée en Allemagne au mois de juillet 2009, par un jeune néo-nazi car elle portait le foulard ? Non. Car si réellement ces personnes avaient comme sacralité, la dignité humaine et l’universalisme, n’aurions-nous pas été les premiers à les voir défiler à Bruxelles, Paris ou Berlin pour condamner l’infâme au cœur de l’Europe ? Avez-vous entendu ces étendards de nos valeurs « universalistes » condamner les discriminations édifiantes, enfin reconnu aujourd’hui par les différentes études universitaires ? Non. A la place, nous avons un discours résolument dangereux car en grande partie faux et servant à baliser la route de l’extrême droite.

Cette dernière n’a plus qu’à constater que ces idées ont Lepénisé une partie de la population : l’Ethnicisation des problèmes sociaux ou belge de la troisième génération qui seront toujours pour des médias, type «DH », des « nords-africains », terme lourd qui aujourd’hui équivaut à « criminel » et vous sanctionne automatiquement comme à l’époque pour le terme « juif ».

On continue à islamiser le mal être/comportement parfois disons-le crapuleux de certains jeunes qui a ma connaissance font souffrir d’abord leur propre communauté, mais qui s’en intéresse ? Alors que ces derniers n’ont plus mis les pieds dans une mosquée depuis des années et sont aux antipodes d’une pratique spirituelle, les mêmes continuent de parler d’islam délibérément afin d’instaurer durablement chez la population le raccourci facile et surtout tronqué : délinquant = musulman. Enfin, la stigmatisation d’une communauté via des amalgames odieux entre islam et danger (voir le Vif l’Express : comment l’islam menace notre école) ne cessera de nous surprendre. Mais honnêtement devons-nous encore être surpris ?

CONCLUSION :

Il est venu le temps d’agir à tête reposée et d’inviter ceux qui ne prennent position par peur ou calcul politique : les partis politiques, les intellectuels, les médias, les élus, les entreprises à contrecarrer le projet d’une société fermée, uniformisé ou l’on prônerait des « valeurs » liberticides en ces temps difficiles. Il y a urgence, l’incendie est entrain de prendre partout, « les rats sortent des égouts » et nous, impuissants, nous constatons, analysons, observons et … attendons l’irréparable. N’y a-t-il pas une exagération de ma part ? A mon humble avis, non. Déjà en 2002, deux mois avant les crimes racistes crapuleux, j’avais à l’époque écris plusieurs articles allant dans ce sens.

Un autre crime raciste en préparation ? Peut-être. Le bannissement comme au Moyen-Age, des étudiantes musulmanes de nos établissements ? Des lois scélérates pour rendre la vie encore plus difficile des musulmans et des femmes ? Un conseil d’Etat qui botte en touche et qui ne prend pas ses responsabilités. La vie des belges musulmans est de plus en plus difficiles, parfois insupportables, ce sentiment de rejet perpétuel, à chaque fois d’être stigmatisé, de n’avoir aucun échappatoire que celui de se taire ou d’exploser. On pousse clairement cette communauté à bout, on espère le dérapage, rien ne lui ait pardonné, on envoie sans broncher, un président d’un Exécutif des Musulmans en prison sans preuve et avec tellement de légèreté, car musulman est déjà en soi « présumé coupable ».

Pour les jeunes la société des loisirs est également « interdit d’entrée », quasi partout en Belgique… On n’hésite pas à mener des études criminogènes sur les jeunes dits « allochtones », on n’hésite pas à priver d’emploi des hommes ayant une légère barbe, on n’hésite pas à interroger pour un job d’éducateur des personnes sur l’islam, la mosquée,… On n’hésite pas à exclure les filles portant le foulard, comment dès lors ne pas donner raison à l’extrême droite ? Si aujourd’hui, il y a autant de mesure liberticide, c’est qu’un Jean Marie Le Pen, un De Winter et la montée de l’extrême droite partout en Europe a convaincu parfois les plus sceptiques, entre ceux qui sont franchement racistes, ceux qui le sont un peu, ceux qui préfèrent ne pas être dérangé par les « bronzés », ceux qui sont indifférents et ceux qui laissent faire, car ce ne sont « qu’eux », restent les irréductibles gaulois qui courageusement font entendre un autre son de cloche.

Une société ne peut se prétendre universaliste, humaniste et démocratique qu’à partir du moment ou elle fait la place nécessaire aux minorités les plus fragilisées. Non, les musulmans ne menacent en rien la société belge et Européenne et s’en expliquer est déjà en soi, un aveu de faiblesse :

 Ils sont Européens/Belges depuis trois générations.

 L’écrasante majorité a des espérances et des rêves. Elle espère étudier et travailler, fonder un foyer et vivre sereinement en espérant également une sécurité dans son quartier avec une présence policière courtoise afin de la protéger contre certaines bandes criminelles.

 L’écrasante majorité de cette communauté aime ce pays parfois détesté par les « anciens belges » et espère qu’un jour, le belge de souche intégrera définitivement le belge enrichi de ses diversités dans sa mémoire, son histoire…

Nous pensons qu’un Etat de droit se doit de traiter de la même façon tous ses citoyens. Ce n’est pas le cas aujourd’hui, nous tirons clairement la sonnette d’alarme. A nous d’être conscient que certains discours et écrits, nos compromissions et nos lâchetés et surtout nos silences, sont les étapes nécessaires avant le passage à l’acte ! En 2002, je le disais déjà, je n’aimerai surtout pas avoir raison.

A vous, à nous de ramener à la raison, ceux qui veulent allumer le feu un peu partout. 




1) Note : Les philosophes des Lumières et la « suprématie raciale »

http://bougnoulosophe.blogspot.com/2009/06/negrophobie-des-lumieres.html


voir également sur le net : Voltaire Il participe à la bestialisation du Noir. Ici ce n’est pas le « grand » Voltaire mais le « petit » Voltaire (nous rassurons le lecteur, il n’y a pas eu de dédoublement de la personnalité, le sujet est conscient dans les deux cas). Voici ce que dit Voltaire : « Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils doivent point cette différence à leur climat, c’est que des Nègres et des Négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire. » (Livre : Essai sur les mœurs et l’Esprit des Nations) Bref, pour Voltaire, les Noirs sont génétiquement moches et cons. Montesquieu Dans le livre « De l’esprit des Lois » , Montesquieu montre ses insuffisances : « Ceux dont il s’agit sont noirs depuis les pieds jusqu’à la tête, et ils ont le nez si écrasé, qu’il est presque impossible de les plaindre...

Des petits esprits exagèrent trop l’injustice que l’on fait aux Africains » Bref, pour Montesquieu , la souffrance des esclaves est peu de chose. Diderot et Raynal Ces deux philosophes suggèrent de faire « bêcher les Noirs en cadence pour lutter contre leur mélancolie et accroître en même temps leur rendement ». Rousseau Il ne souffle pas un mot sur l’esclavage lié à la traite franco-africaine. Le cas de la traite triangulaire et de l’esclavage euro-africain, de son temps, ne figure pas dans l’inventaire de son livre « Le Contract social ». Pas une syllabe sur l’esclavage euro-antillais dans le « Discours sur l’origine de l’inégalité ». Il faut dire que ce « siècle des Lumières » était un véritable « siècle des ténèbres ». Lisons ce que disent les autres écrivains de ce siècle : Hegel Il écrit dans « La raison dans l’histoire » : « L’homme en Afrique noire, vit dans un état de barbarie et de sauvagerie qui l’empêche encore de faire partie intégrante de la civilisation... », « Ce qui caractérise les nègres, c’est précisément que leur conscience n’est pas parvenue à la contemplation d’une quelconque objectivité solide, comme par exemple Dieu, la loi... » Rousselot de Surgy : « Tout sentiment d’honneur et d’humanité est inconnu à ces barbares...Point de raisonnement chez les nègres, point d’esprit, point d’aptitude à aucune sorte d’étude abstraite...Leur naturel est pervers... » Deslozières : Il est un digne précurseur du duo Le Pen-Mégret. Il bavait sur les Noirs dans « Les égarements du Négrophilisme » : « Par le métissage, le sang noir attaquerait en France jusqu’au cœur de la nation en déformant les traits et en brunissant le teint » Michiels : Dans « La vie des nègres en Afrique », il crachait son venin : « La plus stupide, la plus perverse, la plus sanglante des races humaines », « Aucun progrès, aucune invention, aucun désir de savoir, aucune pitié, aucun sentiment » , « La couleur noire, la couleur des ténèbres est vraiment le signe de leur dépravation ». Bossuet Il se fait le confident de Dieu dans « avertissement aux protestants » : « Condamner un état qui pratique l’esclavage, ce serait condamner le Saint Esprit qui ordonne aux esclaves par la bouche de Saint Paul de demeurer dans leur état, et n’oblige point les maîtres à les affranchir » Hugo Dans un discours le 18 mai 1879, Victor Hugo montre son manque de culture sur l’Afrique : « Quelle terre que cette Afrique ! L’Asie a son histoire, l’Australie elle-même a son histoire qui date du commencement dans la mémoire humaine : L’Afrique n’a pas d’histoire » Gobineau Il refuse au nègre, dans son « Essai sur l’inégalité des races humaines », tout rôle majeur ou significatif dans l’évolution de l’humanité, vu l’infériorité de la race noire... Fort proche du singe par tout le reste de son anatomie...peau rappelant la couleur du mal. Gobineau prouve ainsi son incompétence, son narcissisme et son racisme. Bref, ces écrivains des « Lumières », deviennent des pisseurs de copie lorsqu’ils se mettent à parler de l’Afrique ou des Noirs. A tous ces auteurs, nous pouvons rajouter la complicité de l’église et des papes aux mêmes époques : Les papes sont complices de cette haine raciale. Ils sont même parmi les ténors. En 1454, le pape Nicolas V autorise au roi du Portugal à pratiquer la Traite. En 1885, les puissances européennes se partagent l’Afrique. Le pape Léon XIII sanctifie la rencontre de ces nations : « Dieu a crée cette terre pour nous, Amen ». Entre 1939 et 1958, pendant son pontificat, Pie XII ne voudra jamais des gardes noirs au Vatican. Il affirmera encore une fois ce refus d’avoir des nègres au Vatican lors de la victoire des Alliés sur les Nazis. C’est la seule faveur qu’il demande aux Américains ! Il est vrai que « le système papal » est douteux car après plusieurs centaines des papes, les souverains pontifes ont tous été des Blancs et surtout des Italiens. (Si il faut s’en tenir au Christianisme, Dieu est blanc et Italien !)

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