communiqué sur la sauvegarde de nos droits !

Publié le par Mouedden

Communiqué de presse

A l’attention des élus et des partis politiques démocratiques de notre pays

 

Infos : Mouedden Mohsin – mohsin.mouedden@gmail.com – 0473.595.407

Signataires : Isabelle Praile, Naïma Boudida, Farida Tahar, Rania Rahal, Kaouatar Boustani,

Najat Saadoune, Abdou Moussadaq

 

 

Nos libertés fondamentales sont menacées !

 

Notre pays vient, en l’espace de quelques jours, de prendre un virage politique répressif des plus inquiétants.

 

Depuis les élections fédérales de juin 2009, le MR et ensuite le « Parti Populaire » ont décidé d’instrumentaliser les peurs en faisant de la question du foulard, une cause nationale pour la sauvegarde de «nos valeurs ». Ces discours basés essentiellement  sur les peurs et les préjugés à l’égard des musulmans, ont été véhiculés et banalisés par l’extrême droite depuis 30 ans.

Ainsi, coup sur coup, deux affaires dissemblables, mais touchant une communauté en particulier, ont défrayé les chroniques.

 

1) Une enseignante de mathématiques qui avait été exclue au mois de septembre 2009 de son établissement scolaire car portant un foulard, a pu réintégrer l’école de Couillet suite à l’arrêt rendu par la Cour d’Appel de Mons, laquelle a estimé que le port du foulard ne violait pas la neutralité.

Cette décision de justice a pourtant été rejetée catégoriquement par les partis démocratiques qui ont, unanimement et en extrême urgence, proposé un « R.O.I. » pour faire barrage à cet arrêt et exclure  in fine l’enseignante.

 

2) Le mercredi 31 mars 2010, les membres de la commission de l’Intérieur de la Chambre ont voté à l’unanimité, une proposition de loi unique au monde contre «toute personne qui aura le visage masqué ou dissimulé en tout ou en partie, de manière telle qu'elle ne soit pas identifiable ». En outre, les citoyens seront passibles d'une amende de 15 à 25 euros et/ou d'un emprisonnement d'un à sept jours

Emprisonner des femmes portant le niquab, sera toujours considéré comme un acte antidémocratique qui déshonorera profondément notre état. De la sorte, notre pays agirait de la même sorte que les états dictatoriaux qui imposent notamment une tenue vestimentaire aux femmes.

Pour notre part, cette violation des Droits de l’Homme est tout simplement  inacceptable.

 

En outre, l’exclusion des étudiantes belges musulmanes portant le foulard de

 

l’enseignement de la Communauté française mais également du réseau dit  « libre »  confessionnel n’a aucun sens, puisque le décret « neutralité » ne s’impose nullement aux étudiantes et au public. En outre, la version coercitive du décret neutralité proposée par les partis politiques contredit notre Constitution et les textes internationaux que notre pays a ratifiés.  

 

Même si nous avons conscience que le débat est délicat, ces deux faits distincts traduisent un acharnement et une volonté de restreindre les libertés fondamentales des femmes belges de confession musulmane.

 

Nous constatons également que certains élus issus de la diversité sont mis sous pressions et deviennent indirectement une caution morale pour adopter des textes plus liberticides. Ainsi, les pressions exercées sur un élu à Charleroi, opposé au « R.O.I. » liberticide, démontrent combien les partis politiques tiennent un double langage qui favorise le discours électoraliste et qui, en même temps, adopte une position ségrégationniste envers une communauté en particulier. 

 

Par ailleurs, nous sommes convaincus que ce débat concerne tous les citoyens de notre pays.  Dès lors, nous les invitons à faire le nécessaire pour exiger le respect et la défense de nos libertés fondamentales.

 

Nous restons persuadés qu’il faut combattre la xénophobie, le communautarisme, l’ethnocentrisme et le racisme et non exclure les femmes, les musulmans ou les minorités. 

Sans posture victimaire, nous oeuvrerons de toutes nos forces pour construire ensemble une société démocratique ouverte et respectueuse des libertés fondamentales.

 

Pour ce faire,   

 

1° Nous invitons les partis politiques démocratiques à retirer ce projet de loi anti-niquab liberticide et à favoriser le dialogue entre les communautés.

2° Nous invitons les partis politiques démocratiques à légiférer dans le sens de la Convention Européenne des Droits de l’Homme afin de permettre notamment aux étudiantes musulmanes portant le foulard de pouvoir poursuivre leurs études.

3° Nous invitons les partis politiques à adopter une neutralité ouverte afin que les citoyens d’horizons divers puissent également être représentatifs de la diversité de notre pays au sein de la fonction publique.  

4° Nous invitons nos partis politiques à lutter beaucoup plus efficacement contre les discriminations et contre toutes les formes de racismes afin de réduire et d’éliminer définitivement les discriminations à l’embauche, au logement et dans les lieux de divertissements.

5° Enfin, nous invitons le monde politique à mettre en œuvre un programme résolument ambitieux pour faire de la Belgique, un pays davantage interculturel qui se traduirait par une visibilité accrue dans les médias, les entreprises publiques (et privées) et tous les lieux de pouvoirs.

 

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