la France du foot en crise...

Publié le par Mouedden

Une équipe de France en déroute, vraiment ?

 Afficher l'image en taille réelle

par Mouedden Mohsin

 

 

 

la Ministre des Sports Bachelot

 

 

Consacrer un article sur le mélodrame de l’équipe hexagonale c’est pour ma part, continuer à alimenter un feuilleton indécent qui nous fait oublier des réalités autrement plus importantes.

Cependant, il semble plus pertinent d’essayer de comprendre comment et pourquoi l’élite politique et médiatique fait de l’équipe nationale et des footballeurs, des « exemples » à suivre…

Disons-le clairement, si il y a un sport qui ne doit surtout pas être montré en exemple, c’est bien le football, devenu la plus grande religion au monde avec ces codes, ses pèlerinages, ses mélodrames, ses dérives et ses rites…

Penser faire du footballeur millionnaire l’exemple de notre jeunesse, c’est lui démontrer que l’on peut être aussi con, juste taper sur un ballon, tenir des propos insipides après match tout en vivant comme Cresus. Mais ne faisons-nous là, pas un procès en sorcellerie, à des jeunes gamins qui ont juste demander de jouer, de s’amuser et d’amasser beaucoup de fric ?

Le vieux débat. Les joueurs sont-ils surpayés ? Si oui, le mérite ne leur revient-il pas puisqu’ils drainent du fric et des milliers de supporters prêts à tous les sacrifices pour voir ou toucher leurs nouveaux prophètes…

Si les footeux étaient des génies, ça se saurait. Si les footeux étaient des exemples ça se saurait aussi…Bien sûr, les équipes diffusent des valeurs de respect et tutti quanti…

Ce qui est pour ma part, beaucoup plus dérangeant, c’est l’instrumentalisation de l’équipe nationale et des stars du football par l’élite politique et médiatique qui ainsi s’offrent des « héros » à bon compte, en calmant la plèbe, en démontrant que la réussite financière passe également par un ballon et plus grave pour ma part, en construisant un discours nationaliste et chauvin qui remplace et perpétue les guerres nationales du 18ème au 20èmesiècle, lorsque les nations étaient à ce point sacralisée pour le meilleur et surtout le pire. Pas étonnant de voir les crânes rasés faire du foot, un champ de bataille. Pas étonnant que les clubs européens du sub-top soient à ce point dans une malsaine concurrence à vendre et acheter toujours plus pour se constituer un butin de guerre, pas étonnant de voir la FIFA être devenu, le plus grand club bourgeois au monde qui fait presque des USA, un nain politique…Ainsi, le foot qu’on aime, le foot que l’on respire, le foot qui nous enchantait n’est plus qu’un football gangrené par des intérêts bizness qui nous lamine et fait aujourd’hui du footballeur, un produit marketing pour les plus grandes sociétés du monde…Le mélodrame de l’équipe de France est consternant, mais il faut le replacer dans son contexte, à savoir celui d’un entraîneur agaçant, incapable de produire du beau jeu et des résultats avec, il est vrai quelques joueurs gâtés (et encensés par les médias et les politiques) qui sont devenus ce qu’ils sont grâce à une couverture médiatique frisant l’indécence…

Il semble que la construction médiatique de la génération « black, blanc, beur » de 98 avec à la clé un titre de champion du monde n’a été qu’une minable parenthèse pour agiter la « la réussite de la diversité » contre ceux qui continuèrent courageusement à estimer qu’une victoire aussi et autant glorieuse ne doit nous faire oublier les luttes véritables contre les discriminations et le racisme.

Douze ans plus tard, certains pourraient être tenté d’estimer qu’un Anelka, plus black et musulman que français était « prédisposé » à péter un câble. Le philosophe farceur Finkelkraut pense déjà que cette génération « caillera » avec ses « voyous arrogants » doit faire place à des gentlemans…Je pense dans le cas qui nous concerne, que l’on se trompe de voyou. Celui qui l’est réellement, c’est celui qui pense une société dans les salons parisiens qui nous inonde de ces théories scabreuses et qui n’hésite pas à soutenir un état criminel au dessus des lois internationales et à fustiger la diversité. Faire aujourd’hui des joueurs de l’équipe de France, des voyous car étant de la « caillera » nous renvoie à une terminologie Sarkoziste qui flirte avec une droite putride. Quant à Anelka, il n’a jamais été un intellectuel, un philosophe ou un penseur. Le peuple lui demande juste de bien jouer au foot, de faire rêver les minots et d’être correct.

Si aujourd’hui l’histoire a pris une telle proportion, c’est parce que justement, l’élite politique (et médiatique) se sent floué d’avoir tant misé sur des « stars en goguettes ».

Car Anelka, comme hier Zizou avec son coup de boule ont prouvé qu’un voyou n’est pas celui qui donne un coup de tête ou qui insulte, c’est un moment de faiblesse humain regrettable, non celui qui est réellement un voyou, c’est celui qui fait miroiter à toute une jeunesse, la réussite basée sur le sport fric ou celui qui nous pond des théories infâmantes…

Et oui, le coup de boule, ce n’est pas bien. Et oui, insulter, ce n’est pas bien. Mais venir avec des théories racialistes ou faire des footballeurs comme hier des gladiateurs, des demi-dieux est au 21ème siècle, une attitude de voyou…le peuple a besoin du pain et des jeux, mais surtout de respect, de valeurs nobles et de dignité !

 

 

Commenter cet article