on naît, on vit, on meurt..

Publié le par Mouedden

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On naît, on vit, on meurt…

par Mouedden Mohsin 

Le cycle de la vie immuable ne nous laisse parfois pas le temps de penser sa vie…

Quel sens, quels chemins empruntés pour tenter de trouver un bonheur qui sera inévitablement imparfait…?

On naît sans notre volonté, on meurt trop souvent sans notre volonté, on l’a souhaite parfois, on l’attend quelque fois, on la craint beaucoup ou on l’espère lorsque tard dans sa vie, on a eu l’impression d’avoir réalisé sa plus belle œuvre, celle d’accomplir sa vie…

Pour ma part, la naissance est probablement la chose la plus simple malgré les premiers cris et les premiers pleurs. La vie commence par le cocooning d’une chaleur intérieure et par le miracle d’une bouffée d’air salutaire. Ainsi,  on naît et puis on est et par la suite on devient, avant après le départ, d’avoir été.

L’enfance insouciante, l’adolescence perturbante ou l’on vit ses premiers émois et ses premières crises, la jeunesse et ses espérances, l’adulte avec ses joies et ses tourments, l’adulte vieilli qui pensionne avec sa sagesse ou ses aigreurs et enfin la vieillesse tracée par des belles rides d’une vie apaisée ou tortueuse sont une invitation à penser en profondeur sa vie…

Le plus difficile n’est point le départ vers le néant pour l’incroyant ou vers l’au-delà pour le croyant. Non le plus ardu, le plus éprouvant ou le plus merveilleux et le plus excitant, c’est le miracle de la vie, avec ses mystères et ses zones d’ombres. La vie aurait-t-elle la même saveur, un sens si il n’y avait après le départ qu’un néant…?

La vie, notre vie, qu’elle soit belle ou douloureuse, rieuse ou triste, délicieuse ou éprouvante…est un cadeau même pour ceux qui frappé par un malheur sont dans l’attente d’un miracle, d’une inspiration, d’une espérance qui leur permettra de sortir d’un  ghetto mental et/ou physique. Si l’esprit s’évade, roucoule et vit, le corps semble plus capricieux, si le corps voltige pour s’envoler, l’esprit semble manquer d’air.  

Sincèrement, aurions-nous le courage de la vivre, de la sentir, de nous transcender, sachant que l’épreuve que nous devons supporter est à ce point difficile ?

Ces personnes vivent parfois une souffrance incommensurable mais ont également une joie de vivre qui force l’admiration et qui provoque en nous une culpabilité, celle de geindre et de nous plaindre pour tant de futilités…tant de niaiseries…  

Mais pourquoi vit-on alors ? Pour reproduire uniquement le cycle immuable des générations et de la vie ? O u n’avons-nous pas une mission et un destin à accomplir ?

Ainsi, le mal et le bien, la mort et la vie, la famine et l’abondance ne sont-ils pas nécessaires afin de nous inviter à donner un sens plus profond à nos vies ? Ecarter le mal pour élever le bien, lutter contre la mort pour sublimer la vie, sauver de la famine pour partager l’abondance…

La vie est belle et en même temps tragique… la vie n’est pas juste, la vie est une épreuve pour chacun d’entre-nous. L’Homme, contrairement à l’animal à l’intelligence, le souffle et l’âme pour la transcender et l’amener vers le sublime qu’il soit pauvre ou infirme, discriminé ou emprisonné…

C’est pour ces raisons, que nous devons être conscients du bonheur que nous avons d’être aimé, entouré pour partager et aimer à son tour. C’est pour cette raison que la vie sans l’engagement, la vie sans le savoir, la vie sans l’amour, la vie sans une mission, la vie sans le souffle n’est pas la vie, n’est pas une vie, mais simplement une vie perdue, une vie torturé qui devient un fardeau, une souffrance et un emprisonnement. Celui de faire de la luxure, de l’indifférence, de l’injustice, de l’avarice et du matériel la finalité de nos vies. La vie est plus forte, plus riche que cela, elle doit nous sublimer pour changer la vie de nos proches grâce à un sourire ou une révolution, pour une liberté ou un don, pour une émotion ou une générosité. La vie n’est pas l’avoir, la vie n’est pas la possession, la vie c’est l’amour, la générosité et l’amitié sincère et désintéressé.

La vie n’est pas le contraire de la mort, la vie est complémentaire à la mort, la vie c’est ce qui doit vous apaiser et vous sublimer pour voir la mort avec tendresse et préparer et se préparer à l’au-delà.  

Ainsi, s’engager, donner sens à sa vie, aimer son prochain et remercier le souffle qui vous transcende n’est pas se soumettre servilement, mais c’est au contraire, se soumettre dans l’intelligence de celui qui remercie le souffle de palper la vie chaque minute, chaque jour et chaque nuit… la vie n’est pas une science exacte, la vie, c’est l’amour et l’amour c’est par essence l’esprit qui se soumet au cœur, dès lors comment ne pas remercier la vie qui est encore plus grandiose que l’amour mais qui sans cette dernière n’aurait aucun sens ?

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